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Les techniques du cinéma amateur :
Les bases

Dans cette page...

1. La prise de vue
1.1. Les formats
1.2. Le son
2. Le développement
3. Le montage
4. La post-synchronisation
5. La projection
5.1. La source lumineuse
5.2. Installer la pellicule
5.3. L'écran
5.4. Les petits détails
6. La conservation
7. Les mesures de sécurité

1. La prise de vue

Dès l'apparition des formats amateurs, le particulier a pu enregistrer le témoignage de sa vie quotidienne. Les différences pratiques viennent essentiellement des formats employés: une caméra Super 8 et une caméra 16 mm ne représentent pas le même poids ; la longueur du film entraîne également des manipulations supplémentaires. D'autre part quand on opte pour le cinéma sonore, on a le choix entre une prise de son en direct et divers systèmes de post-synchronisation.

Caméra Pathé National
La caméra Pathé-National, au format 9,5 mm, particulièrement compacte
avec son système de chargement.

1.1. Les formats

Les formats utilisés par l'amateur sont le 9,5 mm, le 16 mm, le 8 mm, le 17,5 mm et le Super 8 (dans l'ordre de leur apparition). Au-delà, avec le 35 mm on entre dans la catégorie professionnelle.

Il faut se rappeler que sur un film de 8 mm, l'image n'est pas seulement deux fois moins large qu'en 16 mm, elle est aussi deux fois moins haute. A métrage égal, un film de 8 mm représente environ deux fois la durée d'un film 16 mm. Voici un aperçu des rapports existants entre les différents formats :

FORMATSDurée de projectionMétrage de pellicule
35 mm (pro)15 minutes410 mètres
16 mm15 minutes165 mètres
mm, super 815 minutes91 mètres
Types de pellicules de cinéma
Chaque format possède un système de perforations propre.
On voit ici la différence de taille entre les images.
Le 35 mm est un format professionnel, mais c'est aussi
celui de la pellicule photographique courante (24x36).

Il faut réaliser que l'encombrement et le poids vont de pair. Ainsi, une bobine de 600 mètres en 16 mm pèse environ 2,5 kilos ; en 35 mm, le même métrage pèse le double, 5 kilos. Mais à cause de la taille de l'image, si un long métrage moyen tient sur 1200 mètres en 16 mm, soit deux bobines, il en faut 6 en 35 mm, c'est-à-dire 30 kilos ! On comprend que la maniabilité et pas seulement le prix, détermine le choix de l'amateur.

1.2. Le son

Piste sonore d'un film

Les amateurs ont eu la possibilité de sonoriser leurs films avec l'apparition du magnétophone.

1947 voit les premiers magnétophones utilisés en studio ; en 1951 apparaît le Nagra, premier magnétophone portable. Il faut attendre 1963 pour que PHILIPS commercialise le magnétophone à cassettes.

Après 1971 KODAK fournit des caméras Super 8 sonores acceptant des cassettes plus grandes, ainsi que du film "pré-pisté" qui permet de post-sonoriser un film sans avoir à faire coller une bande son après le développement.

  Seules les caméras au format Super 8 existent en version sonore.  

La bande-son s'insère entre les perforations et l'image. L'enregistrement peut se faire de manière optique (définitive) ou magnétique (réenregistrable comme une cassette).

2. Le développement

L'amateur a bien sûr la possibilité de développer ses films chez lui, mais il les confie généralement à un laboratoire professionnel.

3. Le montage

Le film qui revient du laboratoire est prêt à la projection, mais il se présente sous sa forme brute : les scènes se succèdent dans l'ordre où elles ont été tournées. L'amateur souhaite généralement supprimer des images, voire des scènes entières, les réorganiser, ajouter des titres ou des commentaires...

S'il est particulièrement bien équipé, il utilisera un banc de montage. Celui visible chez Maurice BLIND est plutôt destiné à la vérification, à la réparation et au nettoyage des copies déjà prêtes à la projection, mais il donne une bonne idée de ce matériel :

banc de montage
Le moniteur central permet de visionner le film image par image. Un compteur indique la position de l'image.

Pour réunir les morceaux de films dans l'ordre souhaité, on les colle à l'aide d'une petite machine appelée... colleuse, avec un adhésif transparent spécial qui n'endommage pas la pellicule et ne provoque pas de bavures.

colleuse
Les deux morceaux de pellicule sont réunis sous un peu de ruban adhésif.
Une pression sur le couvercle assure un collage parfait et coupe le ruban avec précision.

4. La post-synchronisation

Il est courant d'enregistrer le son en direct, au moment du tournage. Mais outre une question de qualité, on peut souhaiter ajouter des bruitages, de la musique, des commentaires... C'est là qu'intervient la post-synchronisation qui permet de modifier la bande-son après le traitement de la pellicule exposée en laboratoire.

Une pellicule "muette" peut être transformée en pellicule sonore en laboratoire après le développement : on y colle, sur toute sa longueur, une fine bande magnétique destinée à recevoir l'enregistrement du son.

Certains projecteurs permettent d'enregistrer le son tout en visionnant le film projeté sur un écran réduit intégré à l'appareil :

Projecteur avec écran de contrôle
Projecteur Super 8 ELMO

5. La projection

Les projecteurs ont bien évolué en 100 ans ! Alimentation électrique optimisée, sources d'éclairage puissantes, optique perfectionnée, système d'entraînement et de rembobinage du film plus sûr, compacité et légèreté du matériel - néanmoins la silhouette générale reste la même. Les écrans ont connu une grande amélioration avec les surfaces perlées qui donnent un rendu beaucoup plus lumineux. Les haut-parleurs se sont adaptés à la stéréophonie et à la qualité sonore à quoi nous sommes habitués désormais.

5.1. La source lumineuse

Comme on s'en doute, les lampes destinées aux projecteurs anciens ne sont plus fabriquées ! Mais il en reste des stocks, ici et là. C'est aussi le travail du collectionneur de trouver les modèles qui conviennent à son matériel, auprès d'autres collectionneurs, dans des brocantes, dans des fonds commerciaux liquidés...

On est ainsi passé des lampes à incandescence plus ou moins puissantes aux lampes utilisant des gaz rares (xénon). Une lampe comme celle ci-dessous destinée au projecteur CVS BB 8000 a une durée de vie de 3000 heures mais exige un système de refroidissement aussi impressionnant et puissant que... bruyant - d'où la nécessité d'isoler ce type de projecteur dans une cabine insonorisée.

Ampoules pour projecteurs de cinéma
Lampes 1) à incandescence pour Pathé-Baby - 2) halogène pour Bauer P8 TS
3) Lampe au xénon pour CVS BB 8000

5.2. Installer la pellicule

Les systèmes d'entraînement du film ont fait beaucoup de progrès depuis l'invention du cinéma. Les agencements de roues dentées, de griffes, de galets presseurs, etc, rendent la manoeuvre parfois délicate. La plupart des projecteurs comporte un schéma peint sur le carter montrant le chemin que doit suivre le film. Les modèles plus perfectionnés offrent un chargement "automatique" - il suffit d'introduire l'extrémité de la pellicule à l'entrée pour que le moteur lui fasse suivre une course correcte. Il ne reste plus qu'à fixer le début de la pellicule sur la bobine réceptrice.

Coupe amorce sur Bauer P8 TS
Pour le chargement automatique il faut couper nettement l'amorce.
Clip spécial intégré sur le Bauer P8 TS

Le projecteur japonais Hokushin SC10 est le plus automatique de tous ! Il suffit d'insérer l'extrémité de la pellicule dans un clip, puis un bras exécute un tour complet, soulevant les différents éléments du mécanisme et positionnant le film au fur et à mesure... Une petite merveille de mécanique.

Si les projecteurs professionnels sont équipés de croix de Malte, beaucoup plus précise que les systèmes à griffe, le Hortson est le seul projecteur amateur à utiliser ce système.

Système d'entraînement du film
Système manuel et système automatique d'installation du film.

5.3. L'écran

Pas d'écran... pas de projection ! Le type d'écran dépend essentiellement de la puissance de la source lumineuse. Du temps du Pathé-Baby et de sa lampe de 60 W, l'écran était petit, proche du projecteur, et l'image demeurait jaunâtre. Par la suite, les lampes à incandescence ont augmenté de puissance, autorisant des écrans plus grands et plus éloignés. Un progrès remarqué fut l'écran perlé dont la surface réfléchissante améliorait le confort du spectateur et permettait un bon visionnage même pour les personnes qui n'étaient pas installées directement dans l'axe du projecteur.

Avec les lampes halogènes et les lampes au xénon, on dispose de sources lumineuses suffisamment puissante, un simple écran blanc mat convient. En fait un écran perlé serait désormais plus gênant qu'autre chose.

Il existe des écrans de toutes tailles, fixes, pliants, à enrouleur, muraux, sur potence, manuels, électriques...

Projection
Avec une lampe assez puissante, même un simple carton blanc peut servir d'écran

5.4. Les petits détails...

Avant de commencer la séance, il reste à positionner l'écran, à centrer l'image, à régler l'objectif, la sono...

En cours de projection, dans le cas d'un long métrage, on dispose de plusieurs bobines. Comment les enchaîner sans interrompre la projection ? Il faut deux projecteurs... Avant chaque changement de bobine, le film porte dans un angle un signal pour le projectionniste (un rond, une croix, une tâche..). qui l'avertit de l'imminence de la manoeuvre. La bobine suivante est prête et au deuxième signal visuel, on démarre le second projecteur. Ni vu ni connu, le spectateur n'a rien senti ! Mais ceci concerne surtout le cinéma professionnel. Certains projecteurs amateurs peuvent supporter des bras assez longs pour recevoir des bobines de 1500 mètres. Une autre possibilité consiste à utiliser un dérouleur. C'est une machine qui se place derrière le projecteur et qui contient des bobines débitrice et réceptrice assez grandes pour contenir la totalité d'un long métrage ; dans ce cas on n'utilise pas du tout les bras du projecteur.

Une fois la séance terminée, pendant que les spectateurs s'étirent en retrouvant le monde réel, le projectionniste n'en a pas fini. Il lui faut rembobiner le film - ce que les projecteurs modernes font très rapidement. En effet, il n'est plus besoin du mouvement saccadé nécessaire à la restitution du mouvement, l'entraînement se fait en souplesse. Il n'y a plus qu'à ranger le film dans sa boîte ; il en existe de multiples modèles. On connaît les "galettes" métalliques, mais on trouve désormais surtout des mallettes en plastiques carrées facilitant le rangement.

Rangement des filmsGalette moderne

6. La conservation des films

La pellicule reste un support fragile, sensible à l'humidité, aux variations de chaleur. Les conditions de stockage doivent être respectées sous peine de rendre le film inutilisable. Il s'agit ici des films modernes et non des pellicules au nitrate des débuts du cinéma, qui s'enflammaient spontanément et présentaient un grand danger.

La température idéale d'entreposage est de 11-12 ° mais les films ne craignent pas le froid, au contraire. Le gel les conserve même ! A condition que l'atmosphère ne soit pas humide, ce qui risque de faire se décoller l'émulsion. La chaleur est à éviter (proximité d'un radiateur, coffre de voiture au soleil..).. Pour l'entreposage, contrairement à une idée reçue, il faut poser les boîtes de film à plat. Si elles restent debout sur la tranche, les bobines se déforment sous leur propre poids.

Le collectionneur rencontre un autre problème : les films anciens qu'il parvient à dénicher n'ont pas toujours bénéficié des soins ad hoc. Il lui revient alors, dans la mesure du possible, de se livrer à un travail délicat de restauration.

7. Les mesures de sécurité

Avant toutes manipulations d'un projecteur, il convient de couper l'alimentation, comme pour n'importe quel appareil électrique.

Lors d'une projection à la maison, il n'y a pas vraiment de risque - en dehors des lampes au xénon, le gaz comprimé pouvant exploser. Mais les consignes de sécurité à respecter lors du changement de ce type de lampe sont clairement indiquées sur leur mode d'emploi. Le fait d'éloigner tous matériaux inflammables est amplement suffisant. Pour les lampes à incandescence ou halogène, il faut prendre les mêmes précautions que pour une lampe de ménage : laisser refroidir l'ampoule avant d'y toucher...

Pour les projections destinées à un public restreint, les mesures sont celles qui concernent les réunions publiques : prévoir des issues de secours facilement accessibles, éventuellement des extincteurs. Les salles où ont lieu les réunions sont normalement équipées dans ce sens. Au-delà d'un certain nombre de spectateurs, la présence d'un pompier peut être exigée, mais on entre là dans le domaine de la projection professionnelle.

Mais, comment un projecteur
fonctionne-t'il ?

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© 2006, Claude-Alice Marillier

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