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Histoire :
Le cinématographe et
l'évolution du cinéma

Dans cette page...

1. Les appareils
2. Du côté des films
3. Le cinéma sonore
4. Le cinéma en couleurs

Les frères LUMIÈRE furent les premiers à réunir les différentes inventions nécessaires à la projection d'images photographiques animées. Ils baptisèrent leur invention "cinématographe". La première démonstration publique de leur appareil eut lieu le 28 décembre 1895 à Paris, au Salon Indien, dans les sous-sols du Grand Café. Ils étaient persuadés, comme la plupart des inventeurs de l'époque, que leur appareil n'aurait qu'un succès de curiosité, et retournerait bien vite dans les laboratoires pour des usages scientifiques. Ils avaient quand même loué le Salon Indien pour un an, et l'année suivante ils ouvrirent une autre salle à Lyon, tandis que leurs collaborateurs partaient faire des démonstrations à Londres et à New-York.

Ils ne souhaitaient pas vendre leur appareil mais s'en réserver la fabrication, malgré les offres importantes des industriels du spectacle. Ce fut une erreur économique car d'autres mécaniciens s'empressèrent de copier et d'améliorer leur matériel. Plus de 100 brevets furent pris en un an...

Publicité Pathé frères
Publicité pour le projecteur type N.A.F. des frères PATHÉ

1. Les appareils

Les premiers inventeurs s'étaient entêtés à créer des appareils réversibles, c'est-à-dire qu'ils devaient servir à la fois à la prise de vue et à la projection. Leurs successeurs, au contraire, comprirent que ces deux outils gagnaient à être séparés. Une caméra demande une mobilité et une maniabilité maximales, contrairement au projecteur.

Louis GAUMONT avait commencé aussi par des appareils réversibles, mais il passa rapidement à des machines spécialisées. En 1898 son Chrono vit le jour. Ce projecteur était si efficace qu'il fut utilisé à grande échelle lors de l'Exposition Universelle de 1900. Il lança également le Chrono de poche qui utilisait du film étroit, puis le Chronophone qui associait cinématographe et phonographe.

Depuis 1893 EDISON produisaient des films pour son Kinetoscope. Les forains qui exploitaient ces machines destinées à des usagers individuels, comprirent tout l'intérêt d'utiliser un projecteur comme le Cinématographe pour multiplier le nombre de spectateurs pour chaque film. C'est alors que Charles PATHÉ qui fournissait du matériel aux forains s'associa à JOLY pour mettre au point un système d'entraînement vraiment satisfaisant. Il se lança dans la production, non seulement de caméras et de projecteurs (le "Cinématographe transformé Pathé"), mais aussi de matériel d'éclairage et d'accessoires.

CONTINSOUZA, DEBRIE, DEMARIA... autant d'industriels français qui participèrent au développement du cinéma. Leur essor devait être stoppé net par la Grande Guerre.

Continsouza

2. Du côté des films

Après avoir utilisé un atelier vitré de photographe, DICKSON, opérateur d'EDISON, imagina le premier studio mobile qu'il pouvait orienter selon la position du soleil, et qui comportait un plateau de tournage et un laboratoire attenant. De 1892 à 1895, la "Black Maria" fut le berceau des films EDISON vendus dans le monde entier. LUMIÈRE travaillait en extérieur, mais sa production était destinée à la démonstration de son Cinématographe. PATHÉ commençait son catalogue, dont les films ne dépassaient pas les 17 mètres...

C'est alors qu'apparut Georges MELIÈS. Directeur du théâtre Robert Houdin, il avait prié LUMIÈRE de lui vendre un Cinématographe, en vain. Il s'était procuré un autre appareil en Angleterre et des bandes EDISON. Devant le succès des projections, il comprit qu'il devait réaliser ses propres films. Il réalisa un appareil de prise de vues d'après son acquisition anglaise et commença de tourner de véritables films avec une histoire, des acteurs, des décors, des accessoires. Illusionniste lui-même, il utilisa d'abord des trucages classiques, avant d'en inventer de spécifiques pour le cinéma. Certains parmi les plus célèbres furent le résultat d'heureux hasards, comme la transformation "magique" d'un autobus en corbillard : la caméra s'était bloquée et quand MELIÈS put reprendre le tournage, un véhicule en avait remplacé un autre...

En 1897 le chanteur PAULUS avait exprimé le souhait d'être filmé par MELIÈS, mais il refusait de se produire en plein air. Le réalisateur utilisa une toile peinte représentant une scène, ce qui lui donna l'idée de fabriquer chez lui, à Montreuil, un atelier de prise de vues vitré équipé des accessoires habituellement réservé au théâtre.

PATHÉ en fit autant à Vincennes, et GAUMONT aux Buttes-Chaumont. Peu à peu les studios s'agrandirent pour atteindre les proportions que l'on connaît aujourd'hui. Le problème de l'éclairage continuait de se poser avec acuité : les lampes à incandescence n'étaient pas assez puissantes et obligeaient à travailler autant que possible à la lumière du jour.

Pour le traitement des films, les producteurs disposaient chacun de leur propre laboratoire.

3. Le cinéma sonore

On a vu que les procédés d'enregistrement du son s'était peu à peu mis en place. Il restait le problème de sa synchronisation avec l'image animée. EDISON trouva une première solution en 1889 avec son Kinetophone, qui utilisait une liaison électrique, mais sans l'utiliser en public. De même BARON tenta d'imaginer un procédé appliqué au Cinématographe LUMIÈRE, mais sans application pratique. C'est finalement GAUMONT qui se pencha sur le problème. Les premiers résultats laissaient à désirer, c'est en 1902 qu'avec l'aide de son ingénieur DECAUX il mit au point une synchronisation électrique entre le moteur du phonographe et celui du projecteur. On remplaça bientôt le cylindre par des disques (jusqu'à 1 mètre de diamètre !), on ajouta des systèmes d'amplification du son (par air comprimé).

Dès les premiers essais de prises de vues "parlantes" on prit conscience de l'importance de la post-synchronisation. En fait les acteurs étaient appelés à jouer en "play-back". Désormais chaque programme du Gaumont-Palace comprenait au moins un film sonore (1912)...

A la même époque, le français LAUSTE travaillant aux USA mettait au point l'enregistrement direct du son sur la pellicule cinématographique, mais l'ampoule au sélénium qu'il utilisait ne permettait que l'écoute à l'aide d'un casque. C'est LEE DE FOREST qui inventa la lampe Audion qui allait devenir la base des amplificateurs modernes.

Projecteur Ericsson
Publicité pour un projecteur 16 mm sonore Ericsson

Après la guerre, les recherches se poursuivirent mais sans emporter l'enthousiasme des producteurs. C'est finalement les frères WARNER qui décidèrent d'exploiter le procédé Vitaphone en 1926, mais c'est seulement l'année suivante que "Jazz Singer" ("Le chanteur de jazz") allait triompher auprès du public.

L'introduction du son au cinéma exigea une profonde révolution dans le matériel, notamment pour la projection en salle. Il ne suffisait pas de renouveler l'équipement, il fallait désormais prévoir une isolation phonique pour empêcher le bruit du moteur de gêner les spectateurs. Désormais toutes les salles se trouvaient équipées de cabines de projection dont la seule ouverture vers la salle était une petite vitre. Plus lentement les salles elles-mêmes adoptèrent une nouvelle architecture respectant les règles de l'acoustique.

4. Le cinéma en couleurs

Les procédés trichromes présentaient de grave difficulté de réalisation pour le cinéma : il fallait en effet synchroniser trois prises de vues, et le problème se posait de nouveau à la projection. En 1908 SMITH réussit une projection satisfaisante en se contentant d'un procédé bichrome ; par la suite le Kinemacolor basé sur ce principe fit l'objet d'une exploitation commerciale.

C'est GAUMONT qui trouva une solution avec son Chronochrome, procédé trichrome où les trois images étaient enregistrées sur la même pellicule, les unes au dessus des autres. Il l'exploita de 1912 à 1914. Après la guerre, CAPSTAFF mit au point le Kodachrome en 1915, année qui vit également la naissance du Technicolor.

Dès les débuts du cinéma, on pensa à colorier les films. Ce travail se fit d'abord à la main, image par image. Des systèmes de pochoirs facilitèrent le travail sur des copies multiples, avant de passer à des procédés mécanisés (machines à colorier). On se contentait néanmoins de mettre en couleur des films de courte durée, telle la série Pathécolor.

Contrairement à l'introduction du son, celui de la couleur ne provoqua pas une véritable révolution dans l'exploitation en salle.

Le cinéma amateur.

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© 2006, Claude-Alice Marillier

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