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Histoire :
Les précurseurs du cinéma

Dans cette page...

1. Le mouvement
2. Les projections lumineuses
3. Les sources d'éclairage
4. La photographie
5. La pellicule
6. La couleur
7. Le son

Le cinéma est né de la convergence de diverses techniques. Certaines, comme l'étude du mouvement, remonte à l'antiquité ; d'autres, comme l'enregistrement du son, ne sont apparues qu'au XIX ème siècle. Mais ces différentes découvertes ne se sont pas réunies une à une pour former un tronc commun. Pendant la seconde moitié du XIX ème siècle, elles se sont entremêlées en un véritable écheveau, chaque inventeur travaillant de son côté. L'un enregistrait le son avec un procédé photographique, l'autre projetait des images animées dessinées sur film, un troisième tentait de reproduire le mouvement sur des plaques de verres... Qui plus est, la plupart de ces précurseurs envisageaient le futur cinématographe comme une sorte de jouet scientifique, et pensaient qu'après un premier mouvement de curiosité du public, leur invention retournerait dans les laboratoires. Si EDISON a exploité dès le début son travail en vendant des petits films aux marchands forains, leur visionnage demeurait individuel...

Voici un aperçu de l'histoire des différentes sources du cinéma :

1. Le mouvement

Thaumatrope

Au II ème siècle après JC, l'astronome Ptolémée a étudié la perception du mouvement.

Il a fallu attendre 1823 pour que PARIS utilise son Thaumatrope pour démontrer la persistance rétinienne : un petit disque comportant deux images complémentaires sur chaque face. En le faisant tourner rapidement à l'aide de deux ficelles tendues, on voit les deux images se superposer (l'oiseau dans sa cage en est l'exemple le plus connu). La même année, PLATEAU inventait le Phénakisticope : une courte série de dessins imprimés sur un disque, représentant les étapes successives d'un mouvement simple. Le disque tourne autour d'un axe central, et une fente permet de voir les images qui défilent rapidement, donnant à voir l'animation qui se répète. Dix ans plus tard, HORNER crée le Zootrope, basé sur le même principe ; mais cette fois les images sont dessinées sur une bande circulaire placée à l'intérieur d'un cylindre. En 1877, REYNAUT étend - littéralement - l'idée, en remplaçant la bande fermée par une pellicule beaucoup plus longue. Associée à un système de projection, cela devient le Praxinoscope, qui connaîtra un grand succès dix ans plus tard sous le nom de "Théâtre Optique". REYNAUT organise des projections publiques au musée Grévin, utilisant même des décors transparents fixes qu'il superpose aux images animées, peintes en couleurs. C'est la naissance du dessin animé.

2. Les projections lumineuses

Lanterne magique

Les spectacles d'ombres chinoises sont les premières projections lumineuses à proprement parler. On ne connaît pas la date de naissance de la lanterne magique mais le principe en était déjà bien connu au XVII ème siècle. A la fin du XVIII ème, le magicien ROBERTSON invente le Phantascope qui lui permet de modifier la distance de la lentille par rapport à l'objectif, créant ainsi un effet de "zoom". Le Polyorama associait deux lanternes et offrait la possibilité de mélanger deux images avec un "fondu enchaîné". On utilisait aussi des systèmes mécaniques animant des combinaisons de plaques de verres illustrées. Mais ces procédés disparurent avec l'arrivée de la chronophotographie beaucoup plus satisfaisante.

3. Les sources d'éclairage

Bougie et lentille

Les projections lumineuses souffrirent longtemps de la faiblesse des sources d'éclairage. Pendant longtemps on ne sut utiliser que la bougie ou la lampe à huile, faible et charbonneuse. QUINQUET apporta une amélioration en 1780 avec un système de réservoir. En 1799 LEBON découvrit le gaz d'éclairage mais son application à la projection devait encore attendre...

La véritable révolution est due à FOUCAULT et à son invention de l'arc électrique en 1848. Vers 1880 l'association de l'arc électrique et du bec de gaz fournissait enfin une qualité de projection acceptable dans une véritable salle. Ces techniques n'allaient pas sans danger : en 1897, une projection cinématographique au Bazar de la Charité à Paris se terminait par un incendie meurtrier, qui devait conduire les autorités à exiger des organisateurs de spectacles publiques des précautions (isolement du projecteur).

La lampe à incandescence ne devait la remplacer que vers 1920, ses premières versions étant encore bien trop faibles.

4. La photographie

Chambre de Daguerre

En 1822, NIÉPCE réalise ses premières héliogravures. Son association avec DAGUERRE aboutira en 1839 à la révélation du Daguerréotype. La photographie ne va plus dès lors cesser de se perfectionner : clichés sur papier (BAYARD, FOX-TALBOT), clichés sur verre (NIÉPCE de SAINT-VICTOR), instantanés avec le gélatino-bromure...

Du côté du mouvement, en 1874 l'astronome JANSSEN utilise un Revolver Photographique pour "filmer" le passage de Vénus devant le soleil (les images sont enregistrées à la circonférence d'un disque). En 1877 MUYBRIDGE invente la Chronophotographie qui permet d'analyser les mouvements humains et animaux. Dix ans plus tard c'est au tour de MAREY d'appliquer ce système avec méthode pour l'Académie des Sciences.

5. La pellicule

Pellicule perforée

Les premières supports photographiques furent des plaques de métal, puis du papier traité, ensuite du verre. En 1869 HYATT découvrit le celluloïd mais il fallut attendre encore vingt ans pour qu'EDISON et son associé DICKSON crée le premier film. Le premier format fut le 35 mm, avec un système de perforation qui allait devenir le standard international en 1900. C'est au début du XX ème siècle également que l'on vit apparaître les formats "amateurs", moins gourmands en pellicule.

Un problème qui apparut rapidement dans la projection des films fut l'entraînement de celui-ci. En effet, un déroulement continu de la pellicule ne donne pas de bons résultats : les images doivent être vues une par une, suivant un rythme régulier. L'utilisation d'un obturateur devant l'objectif posait des problèmes de synchronisation, il était donc préférable d'utiliser des roues dentées sur un film présentant des perforations. Les mécaniciens DEMENŸ et GRIMOIN-SAMSON se sont penchés sur ce problème en imaginant d'utiliser la croix de Malte, qui entraîne le film par à-coups. Mais ces chocs répétés détérioraient rapidement la pellicule (arrachement des perforations) ce qui empêchait une exploitation commerciale intensive. Les inventeurs ont dû ajouter des systèmes de galets, formant des boucles de films pour amortir les secousses.

6. La couleur

Théorie des couleurs

En 1670 NEWTON établit la théorie des couleurs. Au siècle suivant, NOLLET fabriquait une toupie colorée ; en la faisant tournoyer, les couleurs semblaient se fondre pour en révéler une nouvelle. Encore un siècle, et en 1855 MAXWELL se lança dans la reproduction photographique des couleurs en même temps que DUCOS du HAURON. Il s'agissait d'un procédé trichrome.

En 1904 les frères LUMIÈRE inventèrent le procédé Autochrome qui utilisait de la fécule de pomme de terre pour créer un réseau. Les images obtenues étaient vraiment magiques : aujourd'hui encore on reste émerveillé devant leur qualité et la justesse de leur rendu. Il suffit de regarder un numéro spécial en couleur de la revue "L'Illustration" pour admirer le résultat. Les premiers autochromes étaient des plaques de verre, mais on en fit aussi sur pellicules, et même d'assez grand format. Néanmoins ce procédé ne supportait pas la projection : l'agrandissement révélait un grain très gênant.

7. La reproduction du son

Phonographe

Les premiers essais d'enregistrement du son sont à mettre au crédit de YOUNG qui imagina de fixer un léger stylet sur un diapason pour tracer ses oscillations sur un tambour enduit de noir de fumée (1807). C'est le principe de base de l'enregistrement analogique.

Un demi-siècle plus tard, SCOTT inventa le Phonautographe qui utilisant une membrane vibrante, permettait d'enregistrer toutes sortes de sons, sans nécessiter un contact physique avec leur source. En 1877 le poète Charles CROS réussit à reproduire les sons : on pouvait enfin écouter l'enregistrement effectué. La même année, de son côté, EDISON inventait le Phonographe qui utilisait une feuille de zinc. Il envisageait déjà des améliorations : utilisation d'un saphir ou d'un diamant pour la gravure, divers support, l'amplification du son...

En 1898 POULSEN imagina un autre procédé d'enregistrement des sons, magnétique celui-là, sur un fil métallique.

Pendant ce temps d'autres chercheurs s'intéressaient à l'enregistrement photographique des sons. SAINT-GEORGE en 1883 trouva une solution, et RUHMER en 1892 réalisa le Photographophon qui utilisait le film cinématographique.

Et le cinématographe...?

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© 2006, Claude-Alice Marillier

Avant le cinématographe L'avènement du cinématographe Le cinéma amateur