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L'amateur, témoin du quotidien

Dans cette page...

1. Introduction
2. La première guerre mondiale
3. L'Entre-Deux-Guerres
4. La seconde guerre mondiale
5. Les guerres coloniales
6. Les conférenciers
7. La société de l'image
Pathé National II
Prospectus pour la caméra Pathé
"National II" 9,5 mm.

Les tous premiers films réalisés par les frères LUMIÈRE étaient ce que l'on appellerait aujourd'hui du cinéma d'amateur... Le déjeuner de Bébé, la sortie des usines Lumière... Même le fameux "Arroseur arrosé" était une petite mise en scène familiale. C'est grâce au succès (inattendu !) des séances publiques du Cinématographe que des artistes de music-hall se lancèrent dans la réalisation, créant ainsi le cinéma commercial.

1. M. Tout-le-monde se lance dans le cinéma

Avec l'apparition des petits formats, moins coûteux, et d'un matériel relativement simple et peu encombrant, M. Tout-le-monde put se mettre à son tour au cinéma. Tout naturellement, il se consacra aux scènes qui lui tenaient à coeur : les premiers pas de Bébé, les mariages, les anniversaires, les parties de campagne... Ce qui n'a à priori d'intérêt que pour des proches devient avec le temps, un précieux témoignage sur la vie quotidienne. Les images maladroites, les éclairages insuffisants, les mouvements brusques, apportent leur lot d'informations sur des temps révolus.

2. La première guerre mondiale

Mais l'Histoire est le fait de tout le monde, pas seulement des grands de ce monde. En France on ne dispose que de films de propagande sur la Grande Guerre : les militaires se méfiaient du simple soldat et de sa caméra. L'armée préférait reconstituer les grandes actions à l'arrière, et les films du service cinématographique de l'armée étaient diffusés dans les salles de cinéma partout dans le pays pour soutenir le moral des citoyens.

3. L'entre-deux-guerres

Cette période voit le triomphe du Pathé-Baby et les vrai débuts du cinéma amateur. Cependant ceci reste un loisir coûteux, bien au delà des possibilités du français moyen. L'ouvrier qui profite de ses premiers congés payés en 1936 en rapporte, au mieux, quelques clichés photographiques. Les documents d'époque sont le fait des professionnels des actualités filmées. Mais les projections non commerciales se multiplient, à l'école, au patronage, au catéchisme...

4. La seconde guerre mondiale

Il n'en fut pas de même pour la seconde guerre mondiale. Les amateurs ont pu tourner des témoignages précieux sous l'Occupation, pendant la Libération, malgré les risques encourus. Contrairement à une opinion répandue, la pellicule ne manquait pas, mais il était dangereux de filmer au mauvais moment et au mauvais endroit... Néanmoins nous possédons des films inestimables sur cette époque. En juin 1944, l'armée américaine n'hésita pas à fournir aux GI qui devaient participer au débarquement, des caméras de marque Bell & Howell.

Des particuliers fortunés ont laissé leur trace dans l'histoire : Eva Braun, la compagne d'Adolph Hitler, était passionnée de cinéma. On lui doit de nombreux films en couleurs révélateurs de l'intimité du chef du Troisième Reich et de ses proches.

5. Les guerres coloniales

Si l'on possède peu ou pas de films d'amateurs sur la guerre d'Indochine, on a par contre de nombreux documents tournés en Algérie par les appelés, en 8 et en 9,5. Les Français des années 60 étaient financièrement plus à leur aise.

6. Les conférenciers

Les conférenciers représentent un cas un peu particulier. Ils utilisent un matériel presque professionnel mais s'adressent à un public restreint. Quand ils doivent présenter leurs films dans des salles non équipées pour la projection, ils apportent leur propre matériel - en fait ils viennent avec deux projecteurs, au cas où l'un d'eux tomberaient en panne... Les caméras amateurs n'étant pas prévues pour l'enregistrement du son (sauf en Super 8 mais les explorateurs travaillaient plutôt en 16 mm), ils ont utilisé dès que possible le magnétophone pour sauvegarder l'ambiance sonore de leurs documents. Le champion toute catégorie était le Nagra ("il enregistrera", en polonais), un magnétophone extrêmement performant, créé en 1951 par un étudiant suisse. Six ans plus tard, en 1957, le magnétophone à transistor apporte sur le terrain la qualité technique disponible jusqu'alors en studio seulement. A ce jour, NAGRA fabrique toujours du matériel audio.

Qu'ils projettent des films muets, sonores pré-pistés ou sonorisés à posteriori, les conférenciers usent souvent de la technique du public address pour ajouter des commentaires en direct, grâce à un micro qui peut se brancher sur le projecteur.

7. La société de l'image

Avec le développement des moyens de diffusion qui aboutit à la société de l'image que nous connaissons, des amateurs friands de souvenirs se sont ainsi trouvés au premier plan et ont apporté des éléments parfois troublants, parfois décisifs, pour la compréhension de l'actualité. Il suffit de penser à Abraham Zapruder, l'américain moyen qui filmait avec sa Bell & Howellmm, le 22 novembre 1963 à Dallas, le défilé des voitures officielles emmenant le Président Kennedy vers son destin.

La prolifération des caméscopes sous des formes toujours plus miniaturisées ne fait qu'augmenter le nombre de ces témoignages. Malheureusement, le progrès tout aussi spectaculaire dans traitement digital des images a rendu leur manipulation beaucoup plus aisée, mettant leur véracité en doute.

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© 2006, Claude-Alice Marillier